L’homme envieux ne se satisfait pas des bienfaits qui sont les siens. En fait, s’il ne peut posséder ce qu’il convoite, il veut au moins le contrôler. Son insatisfaction revient à contester la justice de Dieu : « Dieu a donné à mon voisin quelque chose qui m’appartient. » C’est une manière détournée de dire : « Dieu est injuste ! » Or, nous savons que Dieu est juste. Que se passe-t-il lorsque cet homme tente de contrôler quelque chose qui ne lui a jamais appartenu ? Il veut alors arracher quelque chose des mains de Dieu. Le petit avorton cupide veut être Dieu.
Le Bon Pasteur veille sans cesse aux besoins de Son troupeau. À chaque époque, Il suscite des hommes de bien pour y répondre. Le meilleur exemple en est le Christ Jésus. Moïse lui-même, en annonçant la venue du Messie, a précisé que ce prophète serait suscité « parmi ses frères » et qu’Israël devrait l’écouter.
« Moïse a dit : “Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, parmi vos frères, un prophète comme moi ; vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple.” »
(Actes 3, 22-23)
Bien sûr, tout bon prophète a préfiguré le Messie en nous révélant certains traits du Christ : Moïse, Samuel, Daniel, Élie, Ézéchiel, Zacharie… Ils sont tous des figures du Christ et doivent être respectés. Les ennemis de Dieu ne les aiment pas et cherchent à les empêcher d’accomplir leur mission : avertir et instruire le peuple de Dieu.
« Quelques pharisiens, dans la foule, lui dirent : “Maître, réprimande tes disciples.” Il répondit : “Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront.” […] Chaque jour, Jésus enseignait dans le Temple. Les grands prêtres, les scribes et les chefs du peuple cherchaient à le faire mourir ; mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple était suspendu à ses lèvres. »
(Luc 19, 39-40 ; 47-48)
J’ai écouté avec plaisir nombre de conférences du père Ripperger, et j’y ai appris beaucoup. Si nous vivions une époque ordinaire, je mettrais peut-être en garde contre le fait qu’un exorciste devienne enseignant. Mais nous ne vivons pas une époque ordinaire. De nos jours, les institutions de l’Église catholique sont aux mains d’une bande de pillards qui osent enseigner erreur sur erreur, jusque depuis le siège captif de saint Pierre. Il n’y a pas lieu de désespérer — nous en avons été avertis des siècles à l’avance : c’est la guerre spirituelle que le peuple de Dieu mène depuis les jours d’Éden. Nous approchons du point culminant de cette bataille spirituelle.
Autrefois, chacun devait se concentrer sur l’usage des dons que Dieu lui avait accordés. Mais ce n’est plus le cas. Saint Paul faisait cette observation en son temps :
« Nous avons des dons différents selon la grâce qui nous a été accordée : celui de prophétie, selon la mesure de la foi ; celui de servir, en servant ; celui d’enseigner, en enseignant ; celui d’exhorter, en exhortant ; que celui qui donne le fasse avec générosité ; que celui qui dirige le fasse avec diligence ; que celui qui exerce la miséricorde le fasse avec joie. »
(Romains 12, 6-8)
Maintenant que ceux qui sont chargés d’enseigner la foi enseignent l’erreur ; maintenant que la voix évangélisatrice de l’Église s’est honteusement tue ; désormais, quiconque peut déposer une miette de vérité dans l’assiette du serviteur doit le faire. L’heure est venue pour les pierres de crier.
Le père Ripperger s’est mis à enseigner parce que le silence était devenu insupportable. J’ai regardé nombre de ses sermons et de ses cours : ils étaient tous une nourriture pour l’âme catholique. Il n’a pas hésité à proclamer la foi dans des lieux où peu d’autres osent se rendre. Je crois qu’un jour, ces paroles de Jésus s’appliqueront à lui :
« Son maître lui dit : “C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.” »
(Matthieu 25, 21)
Quant aux « autres » — vous savez de qui je parle —, Jésus aura quelques mots bien choisis pour eux :
« Quant à ce serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
(Matthieu 25, 30)
Élevons nos cœurs dans la prière pour le père Ripperger. Que Dieu continue de le bénir en lui accordant une grande sagesse et le protège de tout mal.