Quiconque pourrait remettre en question l’orientation homosexuelle perçue des papes François et Léon aurait toutes les peines du monde à convaincre les catholiques que Jean-Paul II aurait pu promulguer un document comme Fiducia Supplicans, qui autorise la bénédiction des couples de même sexe. À cela s’ajoute le fait queJP II nommait le futur pape Benoît XVI, le cardinal Joseph Ratzinger, à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors que le pape François, loin de simplement démettre le cardinal Gerhard Müller de cette fonction si importante, y nomma plus tard le cardinal Víctor « [[IMG_x]]«. Le fait que Léon ait conservé Fernández, que la religieuse argentine médiatique, sœur María Lucía Caram Padilla, avait démasqué, confirme en partie la thèse selon laquelle Léon serait homosexuel, au vu de ses associations, de ses nominations épiscopales et de son incapacité à sanctionner plus de 160 évêques (principalement homosexuels) contre lesquels des allégations crédibles d’abus sexuels ont été formulées.
On a toujours cru que le pourcentage d’homosexuels était plus élevé chez les prêtres réguliers que chez les prêtres diocésains. Il y a là une logique si l’on reconnaît que les communautés exclusivement masculines peuvent attirer des hommes souffrant d’attirance homosexuelle. Lorsque saint Pierre Damien rédigea le Libellus contre trois mauvaises habitudes en 1051 pour condamner la sodomie, il visait principalement les prêtres, les religieux et les novices des ordres religieux, et non les prêtres diocésains, dont la majorité étaient mariés à cette époque.
Moins d’un siècle après la publication du Libellus, c’est le pape Jules II, ordonné comme prêtre régulier et non comme prêtre diocésain qui, loin de se contenter d’imposer le célibat aux prêtres diocésains, exigea qu’ils renoncent à leurs épouses et à leurs enfants s’ils souhaitaient continuer à exercer leur ministère. À mon sens, aucun pape sain d’esprit, moral et hétérosexuel n’aurait ordonné à ses prêtres d’abandonner leur famille.
Les papes homosexuels cachés n’étaient pas les seuls à envier le clergé marié. Il suffit de songer à la façon dont Mgr John Ireland, archevêque de Minneapolis, a traité le prêtre ukrainien de rite grec, le père Alexis Toth, lors d’une visite officielle le 19 décembre 1890. Sur les conseils de son Ordinaire, Mgr John Valyj, évêque de l’éparchie gréco-catholique de Prešov, le père Toth se présenta chez l’archevêque Ireland, qui dirigeait le diocèse de rite latin dans lequel se trouvait sa paroisse gréco-catholique. Après avoir examiné ses lettres d’accréditation, l’archevêque Ireland remarqua l’alliance du père Toth et lui demanda en latin s’il avait une épouse. Le père Toth répondit qu’il était veuf. À ces mots, l’archevêque jeta les papiers de Toth sur la table et s’exclama : « J’ai déjà envoyé une protestation à Rome pour qu’on ne m’envoie plus de tels prêtres ici. » Lorsque le père Toth objecta qu’il était un prêtre gréco-catholique valablement ordonné, l’archevêque rétorqua qu’il ne considérait ni Toth ni son évêque comme catholiques. À la suite de cette rencontre, Toth décida de revenir à l’Église orthodoxe, estimant que les actes d’Ireland violaient l’Union de Brest (1595-1596) et l’Union d’Užhorod (1646), qui garantissaient notamment aux Uniates le droit d’ordonner des clercs mariés. Par son action, Toth ramena environ 20 000 catholiques orientaux, issus de 65 communautés indépendantes, dans le giron de l’Église orthodoxe.
Ireland et les prélats américains d’une première mouture de la « mafia lavande » parvinrent à faire promulguer par le Vatican un décret papal, Ea Semper, en date du 14 juin 1907, destiné à empêcher les clercs mariés du rite oriental de desservir aux États-Unis. Bien que cette mesure ne fut pas appliquée dans de nombreuses diocèses, notamment ceux dirigés par des évêques hétérosexuels, elle fut à l’origine d’un schisme entre catholiques romains et catholiques de rite oriental. On estime que Ireland et d’autres prélats incitèrent plus de 100 000 Uniates, clercs et laïcs, résidant aux États-Unis, à rejoindre l’Église orthodoxe.
Après la perte d’autant de catholiques de rite oriental, l’évêque gréco-catholique Stephen Ortynsky et de nombreux évêques catholiques romains hésitèrent à appliquer Ea Semper. Malheureusement, Ortynsky fut remplacé par l’évêque Basil Takach, bien plus loyal envers la Congrégation orientale à Rome qu’envers le clergé et les laïcs de sa toute nouvelle éparchie américaine. En 1929, sous la pression cette fois de prieurs homophobes américains, le Vatican publia un autre décret papal intitulé Cum Data Fuerit. Selon ce texte : « Les prêtres souhaitant se rendre aux États-Unis d’Amérique du Nord et y demeurer doivent être célibataires. » Bien que cette disposition ne fût qu’une répétition de celle contenue dans le décret Ea Semper de 1907, la différence résidait désormais dans son application. Alors qu’Ortynsky avait refusé de mettre en œuvre Ea Semper, Takach se sentit dès lors dans l’obligation — envers ceux qui l’avaient nommé à Rome — d’appliquer Cum Data Fuerit.
Lorsqu’enfin des hommes mariés, comme Joseph Mihaly, arrivèrent aux États-Unis dans l’attente d’être ordonnés après avoir complété leur formation théologique à l’étranger, on leur offrit le choix de retourner aux côtés de leur épouse dans leur pays natal, ou d’accepter un emploi dans des usines ou des mines de charbon. La plupart choisirent une troisième voie en rejoignant l’Église orthodoxe, alors en plein essor aux États-Unis. On estime que plus de 150 000 Carpatho-Russes quittèrent l’Église catholique romaine aux États-Unis pour rejoindre l’orthodoxie, à la suite de ces efforts de « latinisation » qui imposaient le célibat obligatoire des clercs.
L’imposition du célibat obligatoire aux clercs du rite oriental aux États-Unis entraîna l’ordination d’un nombre disproportionné de clercs homosexuels, comme cela se produisait dans les diocèses et ordres religieux catholiques romains. Ce phénomène est confirmé par le nombre de prêtres « célibataires » du rite oriental accusés d’abus sexuels, principalement sur des adolescents, après l’adoption d’Ea Semper et de Cum Data Fuerit. Dans une tentative de réduire les abus perpétrés par des clercs homosexuels, les évêques du rite oriental parvinrent à convaincre le pape François, en 2014, d’autoriser les clercs mariés de rite oriental à exercer leur ministère en dehors de leurs terres d’origine. Parce que la plupart des évêques catholiques romains sont homosexuels et se couvrent mutuellement pour protéger leurs prêtres homosexuels abusifs, aucun d’eux n’a demandé au pape de permettre aux prêtres catholiques romains de se marier. Par conséquent, alors que les taux d’abus diminuent dans les éparchies du rite oriental aux États-Unis, où l’on ordonne de plus en plus d’hommes mariés, ils restent élevés parmi les prétendus prêtres « célibataires » des rites catholiques romains.
Il est pour le moins ironique que Jules II, lui-même franciscain, n’ayant jamais vécu seul un seul jour comme la plupart des prêtres diocésains et ayant imposé le célibat aux prêtres diocésains, ait trouvé pour successeur Jules III, dont la vie fut loin d’être chaste, puisque partageant sa couche avec Innocenzo Ciocchi Del Monte, âgé de 15 ans, qu’il nomma cardinal à 17 ans. Il semble en vérité que peu de choses aient changé depuis le XIIe siècle, lorsque des papes issus d’ordres religieux interdisaient aux prêtres diocésains hétérosexuels le mariage, jusqu’au XVIe siècle où un pape homosexuel cohabitait avec un jeune homme qu’il fit cardinal.
Pour conclure, voici quelques questions à méditer pour nos lecteurs :
Que pourrait dire le pape François et le pape Léon à un jeune homme hétérosexuel souhaitant devenir prêtre catholique romain marié à l’image des prêtres mariés du rite oriental ?
Comment justifier le célibat obligatoire imposé aux jeunes hommes hétérosexuels lorsque l’on sait que François vivait au Vatican aux côtés de son ami, le monsignore homosexuel et connu Battista Ricca, et que Léon cohabite avec le père Edgard Iván Rimaycuna Inga, qu’il a connu alors que ce dernier était séminariste de 19 ans ?

Si les catholiques avancent que ces papes et prêtres n’ont pas et n’ont jamais eu de relations sexuelles, comment un évêque devrait-il traiter un prêtre hétérosexuel signalé pour cohabitation avec une jeune femme belle et attirante ?
Puisque le terme « célibat » désigne « l’état de ne pas être marié », les prêtres et évêques homosexuels peuvent-ils se targuer de ne pas enfreindre leur vœu de célibat, arguant qu’ils n’épousent pas leurs partenaires sexuels masculins ?
Si des prélats homophobes furent responsables du schisme entre catholiques de rite oriental et de rite romain aux États-Unis, les prélats homosexuels ne seraient-ils pas aujourd’hui à l’origine du schisme récent de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, dont le clergé et les fidèles sont connus pour ne pas soutenir Fiducia Supplicans et d’autres initiatives papales favorables aux personnes LGBTQ ?