Laudetur Jesus Christus. Que le Seigneur nous donne la paix.

J’ai essayé de toutes les manières de garder pour moi toute la souffrance que je porte depuis plusieurs mois. Et quand une personne aime, elle doit parler à l’être aimé et lui expliquer que ce qu’il fait le blesse profondément, pour ne pas créer de problèmes dans la relation qu’ils ont. Voilà : dans cette vidéo — qui sera très forte, parce que c’est une de mes caractéristiques — je suis une personne qui parle avec beaucoup d’impétuosité.

Comme je l’ai dit, Sainte Catherine de Sienne — je ne suis pas Sainte Catherine de Sienne, peut‑être — mais Sainte Catherine de Sienne employait des tons très rudes avec les évêques, avec les prêtres, avec le Pape. Elle était vraiment tranchante dans le langage et dans les attitudes, car quand on aime et qu’on voit que celui qu’on aime commet des erreurs énormes — et ces erreurs énormes peuvent d’abord créer du scandale, mais pourraient conduire véritablement à une ruine, à une défaite de la parole de Dieu et de l’Église catholique — on cherche à faire comprendre à son aimé qu’il dépasse vraiment toutes les limites.

Selon moi, dans le message du Pape, dans le message de Léon XIV, à l’occasion de l’installation de l’archevêque de Cantorbéry, madame Sarah Mullaly, selon moi ici le Saint‑Père s’est surpassé. La lettre s’ouvre adressée à la "très révérende et très honorable madame Sarah Mullaly".

Et rien que cela mériterait déjà beaucoup de commentaires, mais je ne les fais pas. Dans cette lettre nous traiterons des points saillants, y compris une citation de la déclaration commune qui, je le rappelle, fut prononcée lors d’une rencontre à Rome entre Paul VI et les anglicans le 24 mars 1966. Et une autre citation.

Donc la lettre du Saint‑Père à cette évêque commence ainsi : "Très révérende et très honorable, demandant au Seigneur de la renforcer du don de la sagesse, je prie pour qu’elle soit guidée par l’Esprit Saint dans le service de ses communautés et qu’elle tire inspiration de l’exemple de Marie, Mère de Dieu." J’en commenterai le contenu plus tard, mais là je dois juste vous faire un spoiler : madame est pro‑avortement. Cette femme, évêque anglicane, est pro‑avortement. Elle évoque la Mère de Dieu, la toujours‑vierge, la corédemptrice, le tabernacle du Christ.

Le même Saint‑Père cite la déclaration commune du 24 mars 1966 que j’ai évoquée, où le développement de relations fraternelles avec les anglicans — avec Paul VI qui rencontra à Rome l’archevêque Michael Ramsey — et où Léon XIV affirme que cette nouvelle page d’ouverture respectueuse a porté beaucoup de fruits.

Oui, on l’a vu ces dernières décennies : notre Église est désormais plus protestante que catholique et continue de l’être. Le Saint‑Père poursuit dans la lettre : "De plus, l’unité que recherchent les chrétiens n’est jamais une fin en soi, mais elle vise la proclamation du Christ, afin que, selon la prière du Seigneur Jésus lui‑même, le monde croie."

Saint‑Père, il ne me semble pas que les anglicans aient la même vision catholique de notre Seigneur Jésus‑Christ. Que Dieu le bénisse. Je ne le crois pas du tout. Ensuite Léon XIV cite le Pape François qui affirma : "Ce serait un scandale si à cause des divisions nous ne réalisions pas notre vocation commune de faire connaître le Christ." Je me répète donc : quel Christ ? Saint‑Père, celui des protestants ou celui qui provient de la foi catholique et de la Sainte Église apostolique romaine, qui vient directement de la succession de Pierre ?

La lettre du Pape poursuit encore : "Chère sœur, je fais volontiers miennes ces paroles, les paroles du Pape François, car ce n’est que par le témoignage d’une communauté chrétienne réconciliée, fraternelle et unie que l’annonce de l’Évangile résonnera plus clairement."

Je voudrais vous signaler que dans la même Église anglicane, étant donné que la dame a dit être plus "pro‑choix" que "pro‑vie" concernant l’avortement — donc favorable au choix en matière d’avortement — eh bien, les anglicans sont eux‑mêmes divisés à cause de ces positions exprimées par Sarah Mullaly, qui sont pro‑avortement et favorables à l’agenda LGBT+.

Pour ces raisons le primat anglican du Nigeria, par exemple, a dénoncé Mullaly et sa nomination, disant que c’est dévastateur et un rejet de l’enseignement biblique. Parfois nous avons un anglican qui paraît plus sage que notre Saint‑Père.

Analysons la gravité du contenu de cette lettre. Nous avons déjà dit que Sarah Mullaly est pro‑avortement et favorable aux mariages homosexuels. Nous nous demandons, Saint‑Père, comment une femme de ce type pourrait tirer inspiration et exemple de la Très Sainte Vierge Marie ? Cette invocation, Saint‑Père, est particulièrement scandaleuse : la toujours vierge, l’épouse de Dieu, le tabernacle virginal du Fils de Dieu, s’adressant à une pro‑avortement favorable au mariage homosexuel et au sacerdoce féminin. Comment peut‑on adresser les mêmes félicitations et initier une proximité de dialogue entre les anglicans et l’Église catholique ?

Pourquoi omettre que, après avoir cité Paul VI et le Pape François, pour l’Église catholique les ordinations anglicanes sont considérées nulles et dépourvues d’effets apostoliques ? En effet, dans "Apostolicae Curae" [référence historique sur la validité des ordinations anglicanes], on parle de défauts formels et intentionnels ; conséquence : interruption de la succession apostolique. Or "Apostolicae Curae" n’a jamais été abrogée.

Aussi ouvert soit‑on à l’œcuménisme, comme le fut Jean‑Paul II, Saint‑Père, comment pouvez‑vous écrire que nous devons nous réconcilier et unir l’annonce de l’Évangile ? Quel Évangile ? Ce sont deux Évangiles différents. Voulez‑vous ramener l’Église au protestantisme ? Pourquoi ne pas mentionner que l’ordination des femmes est contraire à la volonté du Christ ? Que l’Église catholique est la seule à transmettre la parole du Christ ?

Et tout cela en moins d’un an de votre pontificat. Nous avions beaucoup de confiance en vous et j’espère encore que vous comprendrez la gravité de tant de choses que vous avez mises en œuvre ces huit derniers mois. Déjà en janvier dernier, aux vêpres de la 25e semaine pour l’unité des chrétiens, vous avez dit : "Engageons‑nous à développer davantage les pratiques synodales et œcuméniques…" Alors pourquoi, Saint‑Père, voulez‑vous dialoguer avec tout le monde mais vous taisez‑vous envers ceux qui ont le droit de maintenir vive la tradition catholique ? Je cite par exemple la Fraternité Saint‑Pie‑X. Je n’appartiens pas à la Fraternité Saint‑Pie‑X, mais j’en reconnais certaines demandes légitimes : ils ne veulent pas créer quelque chose contre vous, Saint‑Père, mais quelqu’un a créé quelque chose qui va contre vous et contre l’Église, et vous l’approuvez.

Aux évêques élus par l’Association patriotique catholique voulue par le Parti communiste chinois — vous n’avez rien dit ; vous n’avez pas élevé la voix : "Qui vous l’a permis ?" Au lieu de cela, vous dites oui aux anglicans, oui à Mullaly favorable à l’avortement et à l’homosexualité, que je rappelle être, selon la doctrine chrétienne, un péché qui crie vengeance devant Dieu. Vous êtes supérieur à moi, donc si je le rappelle vous devriez aussi le rappeler, Saint‑Père : les quatre péchés qui crient vengeance devant Dieu sont le meurtre volontaire, le péché impur contre nature, l’oppression des pauvres et la privation du salaire des ouvriers.

Ces évêques chinois sont nommés sans approbation papale, ils ont femme et enfants, et aucun cardinal [Fernandez?] n’a protesté ni menacé d’excommunication comme cela a été fait avec la Fraternité Saint‑Pie‑X. Pourquoi, Saint‑Père ? Pourquoi ce double standard ? Je vous en prie, donnez‑moi des réponses ; je vous dis sincèrement : repentez‑vous, reprenez vos esprits comme le fit saint Pierre après avoir renié le Christ. Il me semble qu’il y a une forme très proche du reniement du Christ dans ce qui se passe dans l’Église.

Si le Christ a dit que le temps passera mais que ses paroles ne passeront pas, nous ne pouvons pas dire que l’Évangile du Christ soit dépassé. Nous ne pouvons pas dire que nous avons besoin de "rafraîchir" l’Évangile. Je ne suis rien, Saint‑Père : j’ai commencé à lire l’Évangile à 13 ans, mais chaque jour que je l’ouvre il me semble quelque chose de nouveau. Vos paroles envers l’évêque anglican sont un acte grave qui suscite encore plus d’indignation et de confusion, qui contredit le dépôt de la foi, qui confond les fidèles et qui va de pair avec votre précédent geste d’il y a quelques mois, car on minimise et on commence à prêcher un Évangile différent, une parole de Dieu falsifiée et méprisable par rapport à la passion et à la mort du Christ pour nous.

Dites‑moi maintenant, Saint‑Père, en toute honnêteté : puis‑je appeler tout cela anathème ? Pourquoi sceller, comme vous voulez le faire, sans avoir donné — ici il est clairement expliqué que vous n’en aviez cure — sans avoir aidé les fidèles confus, sceller l’encyclique "Amoris Laetitia", Saint‑Père ? Vous avez convoqué pour le prochain octobre, à l’occasion du dixième anniversaire de la publication de ladite encyclique, tous les présidents des conférences épiscopales du monde pour discerner les pas à accomplir à la lumière de cette encyclique, pour annoncer l’Évangile aux familles influencées par tant de changements. C’est vous qui le dites, en partageant ce que les Églises locales mettent en œuvre.

Dans ma région, les Églises locales affrontent de nombreuses situations : il y a plus d’homosexuels, de transsexuels, de divorcés remariés qui ne se préoccupent absolument pas d’être en péché, qui vont à l’église et communient comme des fidèles "normaux" — si l’on peut encore les appeler ainsi — mais peut‑être ne sommes‑nous même plus normaux. Je me tais, Père, je me tais.

Je rappelle aussi que le Pape François affirmait la nécessité de développer de nouvelles voies pastorales pour ces personnes, pour accompagner, discerner et intégrer. "Intégrer" est un mot très, très grave. Ici je l’ai souligné : dépasser une conception réductrice de la norme. Donc la parole de Dieu deviendrait réductrice ? C’est ce que pensait le Pape François. C’est ce que vous pensez : que ce que Dieu Père a établi comme loi est réducteur, que la parole de Dieu ne compte plus et qu’il faut la changer. Elle est dépassée, elle est vieille.

Comment, selon vous, remplirons‑nous les églises si nous ne les remplissons pas avec des abominations ? Mais attention : il me vient à l’esprit la parole de Dieu : "Quand l’abomination entrera dans le temple…" — les cieux et la terre passeront, mais ma parole ne passera pas, Saint‑Père. À quels idoles nous vendons‑nous, Père ? À quel prix ? Nous sommes proches de la Semaine sainte et les trente deniers de Judas me viennent à l’esprit.

Que Dieu vous bénisse.