Le 30 septembre dernier, le Secrétariat général du Synode a diffusé le Rapport final de la Commission canonique contenant quelques propositions de révision du Code de droit canonique à la suite des instances émergeant des travaux de la longue phase synodale sur la « nouvelle synodalité », entamée en 2021 et achevée en 2024. Pour l’heure, il s’agit de modifications ne nécessitant pas l’institution de nouveaux ministères, mais se limitant à confirmer des formes de participation laïque en cours et à renforcer celles déjà prévues par le Code actuel. Le Rapport souhaite cependant que soit réalisée, dans un avenir proche, une véritable révision d’ensemble des Codes de droit canonique latin et oriental. Rien de moins.
Les nouveautés concernent par exemple la possibilité que les laïcs exercent le ministère de la Parole, président les prières liturgiques, administrent le baptême, assistent aux mariages, distribuent la Sainte Communion, accomplissent une mission par délégation (figure du « délégué épiscopal »), que la constitution et la convocation des Conseils pastoraux diocésains et paroissiaux soient obligatoires, que les synodes diocésains et les conciles provinciaux se tiennent obligatoirement et avec régularité, et que la gestion économique soit publique, transparente et certifiée.
Cette dernière insistance sur les organismes participatifs se fonde sur le nouveau paragraphe que l’on se propose d’ajouter au canon 212 : « Les Pasteurs ont le devoir d’écouter l’avis des fidèles sur ce qui concerne le bien de l’Église, en activant des modalités de discernement communautaire. » Alors que l’autorité de l’Évêque reste intouchable, on prévoit également que, dans les conseils diocésains, les membres laïcs aient la majorité et que, pour certaines décisions, l’Évêque doive obtenir le consentement du conseil presbytéral.
La nouvelle synodalité, donc, avance. Le cardinal Grech, déclarant clos le synode, avait ajouté que la synodalité se poursuivrait dans une phase d’application de ce qui est ressorti des assemblées synodales pour s’intégrer à la Grande assemblée universelle de 2028. Elle avance, mais comment ? D’un côté, elle continue de manière désordonnée et aventureuse ; de l’autre, elle tend vers un renforcement juridique dans un nouveau Code de droit canonique. Les deux modalités ne sont pas en contradiction entre elles, comme on pourrait le penser, si l’on considère ce qu’est la nouvelle synodalité dans sa nature même, à savoir l’écoute de multiples exigences venues d’en bas, non assimilées dans un cadre théologique défini, et une pratique qui en met progressivement en œuvre d’abord certains aspects plus légers et acceptables avant de passer à ceux d’impact plus révolutionnaire.
De manière « désordonnée et aventureuse », disions-nous. Au nom de la synodalité, l’évêque d’Anvers annonce qu’il ordonnera des prêtres mariés d’ici 2028. La Conférence épiscopale espagnole a officiellement entamé un parcours de réalisation de la nouvelle synodalité aux résultats imprévisibles, sans attendre le Rapport de la Commission canonique dont nous traitons ici. Lors du Symposium international « Donner forme à la synodalité en Europe : de la vision au plan d’action », tenu en Autriche du 14 au 17 septembre dernier, on a déclaré que les Églises locales ne doivent pas attendre Rome. Les évêques allemands attendent les décisions du Saint-Siège concernant leur « Conférence synodale » (composée de prêtres et de laïcs en nombre égal) qui devrait gouverner l’ensemble de l’Église en Allemagne et qui, pour l’heure, est en stand-by. Le cardinal Walter Brandmüller a interprété ce « on verra » de Léon XIV comme une volonté de stopper le processus, mais la chose peut aussi s’entendre à l’inverse, comme l’attente des temps opportuns pour le promouvoir. Toujours au nom de la synodalité, les évêques allemands avaient demandé l’indult qui permettrait aux laïcs de tenir l’homélie pendant la messe ; ne l’ayant pas obtenu de Rome, beaucoup d’entre eux ont déclaré procéder tout de même, comme Mgr Peter Kohlgraf, évêque de Mayence.
La nouvelle synodalité est cela : un feu d’artifice continu de bonds en avant, de pratiques nouvelles, de prises de position aventureuses, de changements décidés avant même d’être suffisamment réfléchis, d’inventions pastorales créatives, de processus qui anticipent leur configuration juridique. Celle-ci viendra, tôt ou tard, mais elle sera toujours en retard, comme les réformes actuellement proposées par la Commission canonique, trop timides au regard des niveaux atteints par le processus synodal dans la pratique. Le nouveau Préfet du Dicastère pour les Textes législatifs, l’archevêque australien Anthony Randazzo, dans une récente interview accordée à Vox canonica, a déclaré que la synodalité n’est pas un moyen de saper la tradition canonique et qu’elle n’est pas une réalité nouvelle dans l’Église. Nous partageons son premier vœu, mais nourrissons quelques doutes quant à la seconde affirmation.
La nouveauté existe, à notre avis, car dans la nouvelle synodalité, la pratique tend systématiquement à anticiper l’évolution de la doctrine qui doit, dans l’urgence, s’y adapter, alimentant un sentiment répandu d’ouverture au nouveau, accompagné d’un esprit tout aussi répandu de rejet de l’ancien. Cet esprit pousse en avant, quoi qu’il en coûte, car il est jugé conforme aux exigences d’une participation non mieux définie, exprimées par les « signes des temps », sans savoir précisément où l’on va, faute d’une doctrine capable d’éclairer le chemin au lieu d’en naître.
AREAM SUAM
Révolution canonique : la nouvelle synodalité veut un nouveau Code
Laïcs présidant les liturgies et insistance sur les organismes participatifs parmi les propositions du Rapport final de la Commission canonique diffusé par le Secrétariat général du Synode. L’objectif est de réécrire le droit canonique pour consolider les « conquêtes » déjà acquises dans la pratique.
Traduit de l'italien par IA
Ils nous disent que le droit canon n'a aucune importance lorsqu'il s'agit de juger de la légitimité, ou plutôt de l'illégitimité de Léon, mais pour imposer leur révolution, ils en ont besoin...